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Déterminer le sexe du fœtus

La religion permet-elle le recours au progrès scientifique pour déterminer le sexe du fœtus ?

 

    Allah a avantagé l’Homme d’une création équilibrée et en a fait les deux éléments de couple : mâle et femelle. En outre, Il a distingué chacun d’eux par des caractéristiques compatibles à la mission pour laquelle il a été créé, tout en précisant que cela a pour but d’assurer la continuité de la race humaine. A cet égard, Allah, le Très-Haut, dit :
 « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être et qui, ayant tiré de celui-ci son épouse, fit naître de ce couple tant d’êtres humains, hommes et femmes ! Craignez Dieu au nom duquel vous vous demandez mutuellement assistance ! Respectez les liens du sang. En vérité, Dieu vous observe en permanence[1]. »
 
Cette diversité de la création et de l’équilibre de la nature a été voulue par la Sagesse d’Allah, l’Omniscient et l’Omnipotent.
 Lorsqu’on aborde le sujet relatif à la détermination du sexe du fœtus, on doit le traiter sur deux nivaux différents : niveau individuel et niveau collectif.
 Sur le plan individuel : 
 
L’avis religieux relatif à la détermination du sexe du fœtus, sur le plan individuel est, en principe, pour la permissivité inapte à l’interdiction sans preuve textuelle. La preuve en est : le Prophète Zacharie, dans son invocation, sollicita le don d’avoir un enfant mâle en s’adressant au Seigneur : « Accorde-moi, par un effet de Ta grâce, un successeur, qui héritera de moi et de la famille de Jacob[2]. »
 
Abraham a également exalté les louanges d’Allah pour lui avoir donné un enfant mâle en disant : « Béni soit Ton nom, Seigneur, Toi qui m’as gratifié d’Ismaël et d’Isaac, malgré mon grand âge ! Mon Seigneur est si prompt à entendre les prières[3] !”
  A ce propos, Al-Baydawi dit : « Ce verset sous-entend qu’il invoqua son Seigneur et Lui demanda le don d’avoir un enfant mâle et qu’une fois désespéré d’en avoir un, Allah exauça son vœu pour mettre en valeur les bienfaits divins. (Tafsir al-Baydawi, 3/201)  
 D’après Abu Horayra que le Prophète dit : «  Salmon, fils de David, dit : « Cette nuit, je partagerai le lit avec mes 100 ou 99 épouses dans le but d’avoir, de chacune d’elles, un enfant qui deviendra chevalier luttant dans le Sentier d’Allah. Son ami lui dit : « Dis : « Si Dieu le veut ! ».
Le Prophète Salmon n’a pas prêté oreille à son ami et par conséquent, nulle d’entre elles n’a tombée enceinte sauf une qui lui a donné une créature imparfaite. Par Celui qui tient l’âme de Mohamad entre Ses Mains : « S’il avait dit : «  Si Dieu le veut, il aurait avoir des enfants qui seront destinés à combattre dans la cause divine. » (Rapporté par al-Boukhari (2664) Musleim (1654). Cité par al-Boukhari sous rubrique (Chapitre relatif à celui qui demande à Allah de lui accorder un enfant pour, à l’avenir, défendre la cause d’Allah. La tradition prophétique a fait allusion à la détermination du sexe du fœtus. Thawbân rapporte que le Prophète a dit : « Le sperme de l’homme est blanc alors que celui de la femme est jaune. De leur confusion, le couple aura, par la permission d’Allah, un garçon si le sperme de l’homme l’emporte sur celui de la femme et une fille si le sperme de la femme l’emporte sur celui de l’homme. » (Rapporté par Musleim 315)  
Si nous avons bien compris le Hadith et mis en application ce qu’il contient en vue d’aboutir à la détermination du sexe du fœtus, rien ne nous empêche de le faire. Car il nous est permis de tirer profit des renseignements que le Législateur nous fournit sur des choses cachées et impénétrables sauf ceux interdits par la Charia. Ceci prouve la légitimité de la quête en vue d’avoir un sexe bien déterminé ainsi que celle des efforts déployés pour y accéder. « Le jugement des actes dépend de l’intention. »
 Sur le plan collectif :
Si nous abordons cette question sur le plan collectif, nous en aurons un autre jugement ; car il arrive que cette question finisse par ébranler l’équilibre établi par Allah en matière de procréation ainsi que par perturber l’égalité en nombre entre mâles et femelles. Cette dualité représente l’élément vital de la continuité de la race humaine. Dans ce cas, déterminer le sexe devient une opposition à la Volonté d’Allah en matière de création ; car cela est considéré comme une tentative de changer l’ordre divin et d’ébranler les éléments établis par Allah en vue de préserver l’être humain.
Objections et réfutations :         
A ce sujet, on peut se heurter à certaines critiques parmi lesquelles figure le suivant : 
 1_ Le verset : « À Dieu appartient le Royaume des Cieux et de la Terre. Il crée ce qu’Il veut. Il donne des filles à qui Il veut. Il donne des enfants mâles à qui Il veut, [50] ou à la fois des enfants, de sexe différent, et Il rend stérile qui Il veut. Il est Omniscient et Puissant. » (ach-Chra, 49, 50)
L’énoncé de ce verset interdit la détermination du sexe du fœtus ; puisqu’Allah donne à qui Il veut ce qu’Il veut.
En guise de réponse, nous disons qu’Allah donne ce qu’Il veut à qui Il veut. Pourtant, l’adoption d’un moyen en vue d’avoir le don divin n’est pas interdit, tout comme la quête de la subsistance, et de la miséricorde ainsi que de tous les dons d’Allah, le Donateur par excellence. D’ailleurs, Allah rend stérile qui Il veut et pourtant il nous a permis de s’en guérir. Ainsi par cette logique, la détermination du sexe du fœtus est religieusement permise.
2_ L’assertion selon laquelle les gens s’empressent souvent de choisir le sexe masculin, ce qui peut aboutir à la suppression du genre.
En guise de réponse, nous répondons que ce n’est pas tout le monde qui recoure à cette méthode de détermination du sexe ; car il y a certains pères qui préfèrent avoir des filles parce qu’ils ont un bon nombre de garçons et certains d’autres ont une maladie héréditaire transmissible affectant uniquement les garçons et non pas les filles. C’est la raison pour laquelle, ils préfèrent avoir des filles ; surtout lorsque cette maladie provoque des handicaps mentaux. A cela vient s’ajouter le fait que  les meilleurs résultats obtenus par les centres de détermination du sexe du fœtus ne dépassent pas 50 %.
3_ L’allégation selon laquellecet acte implique un changement dans l’ordre de la création divine.
En guise de réponse :
Point de changement dans la détermination du sexe du fœtus ; car le changement ne peut avoir lieu qu’après la détermination. Et ici, cette détermination a été effectuée d’avance.
4_ La prétention selon laquelle cet acte aboutit à la confusion des filiations.
En guise en réfutation :           
Nous recommandons que cette détermination doive être effectuée conformément aux règles établies par l’Islam.
5_ L’assertion selon laquelle que cet acte est absurde et prohibé.
En guise de réfutation :  
Nous répondons que l’absurdité consiste à faire un acte inutile alors que l’utilité existe ici et le besoin l’exige réellement et légalement.
Conclusion : 
En l’espèce, concernant la détermination du sexe du fœtus, il y a une différence de jugement aussi bien sur le plan individuel que sur le plan collectif. Cette différence de jugement est née de la différence des cas relatifs à l’individu ou à la communauté. Et c’est ce que nous trouvons souvent dans les ouvrages de jurisprudence musulmane (fiqh).     


[1] Coran, an-Nissa, 1.
[2] Coran, Mariam. 5, 6.  
[3] Coran, Ibrahim, 39.
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